Nominée pour un nouveau César, Élodie Bouchez est à l’affiche du film « Dis-moi juste que tu m’aimes »
Souvent récompensée par le passé, Élodie Bouchez est nominée cette année pour le César du meilleur second rôle féminin pour son interprétation dans « L’Amour ouf » de Gilles Lellouche, dans lequel elle joue la mère du personnage principal incarné par François Civil.
L’actrice française est aussi à l’affiche de « Dis-moi juste que tu m’aimes », un film d’Anne Le Ny. Elle y incarne Marie, une assistante commerciale, épouse et mère de deux enfants en Bretagne, qui se retrouve dans une dynamique d’emprise amoureuse.
Quand l’ancien grand amour de son mari (joués par Vanessa Paradis et Omar Sy) revient s’installer dans leur ville, son personnage rencontre un nouveau supérieur hiérarchique (José Garcia), avec lequel elle a une liaison basée sur la manipulation et la dépendance.
« Le piège se referme dangereusement et entraîne avec lui toutes les certitudes de Marie sur la famille, la carrière, l'amour. Élodie Bouchez excelle à ne jamais faire de Marie une victime en insufflant à ce personnage névrosé une force vivifiante », écrit Vanity Fair qui l’a interviewée.
« Chez Marie plus précisément, j'ai aimé l'ambivalence. Elle nourrit un sentiment d'infériorité depuis longtemps, elle est complexée et malgré tout, elle développe une grande force pour dépasser une situation de harcèlement et reconquérir l'homme qu'elle aime », a déclaré l’actrice dans cet entretien.
Née en 1973, Élodie Bouchez est apparue pour la première fois au cinéma dans un film de Serge Gainsbourg en 1989. Mais c’est son rôle dans « Les Roseaux sauvages » d’André Téchiné (1994) qui l’a révélée aux yeux du public.
La jeune actrice a remporté le César du meilleur espoir féminin en 1994 pour sa prestation dans ce drame qui se déroule à l’époque de la guerre d’Algérie.
À la même époque, elle joue aussi la petite amie de Romain Duris dans « Le Péril jeune » de Cédric Klapisch, un classique qui les a propulsés tous les deux sur le devant de la scène.
À 25 ans, Élodie Bouchez est consacrée avec « La Vie rêvée des anges » d’Érick Zonca, dans lequel elle incarne une jeune femme en vadrouille, en duo avec Natacha Régnier.
Lauréate du César de la meilleure actrice en 1999, la comédienne remporte avec son acolyte un double prix d’interprétation féminine à Cannes l’année précédente.
Après avoir confirmé en France, Élodie Bouchez tente brièvement l’aventure aux États-Unis en 2005, apparaissant dans la série « Alias » et dans plusieurs productions indépendantes.
Elle fait son retour en France en 2007 et joue notamment dans la comédie « Seuls Two » du duo Éric et Ramzy. Dans les années 2010, l’actrice tourne pour des réalisateurs de renom, comme Quentin Dupieux ou Jeanne Herry.
L’un de ses rôles marquants des dernières années a justement été dans un film de Jeanne Herry, « Pupille » (2019), qui traite de l’accouchement sous X et dans lequel elle campe une femme confrontée à la difficulté d’avoir un enfant.
Bien qu’elle ait souvent interprété la compagne de Romain Duris à l’écran, Élodie Bouchez est en couple avec Thomas Bangalter, du groupe Daft Punk, dans la vraie vie, avec lequel elle a eu deux enfants.
Parmi ses derniers rôles, l’actrice a prêté ses traits au personnage principal adulte dans « Le Consentement », adapté du livre de Vanessa Springora qui traitait des abus commis sur elle par l’écrivain Gabriel Matzneff lorsqu’elle était adolescente.
Son prochain rôle sera tout aussi engagé, puisqu’elle apparaîtra dans l’adaptation du livre « Les Fossoyeurs » du journaliste Victor Castanet, qui dénonce les traitements dégradants infligés par Orpea, l’ancien leader français des maisons de retraite.
« Non, je ne suis pas très forte pour improviser des mots. Je préfère les apprivoiser. En revanche, j'improvise ma façon de les vivre, de les traduire en émotions. J'ai envie de laisser une chance à la fulgurance », a-t-elle déclaré dans Vanity Fair à propos de sa technique de jeu.
Jadis couronnée comme meilleur espoir féminin et comme meilleure actrice, Élodie Bouchez va-t-elle remporter cette fois le César du meilleur second rôle ? En attendant de le savoir le 28 février, « Dis-moi juste que tu m’aimes » est toujours en salles !